Comme pois et carottes…
Editeur: Elzévir
Catégorie: Mémoires
Format : 137 pages
ISBN : 978-2-8114-0014-9


Devant la crèche, mes cousins avaient chanté un cantique à la gloire du Seigneur. C’était mon tour et d’une voix forte, les mains aux hanches, je commençai à chanter : « Elle a cassé la baleine de son corsage. Elle a cassé la baleine de son corset. » Ma grand-mère horrifiée s’écria : « Ah non ! Pas ça devant le petit Jésus ! »

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Albert Cortvrint – Comme pois et carottes aux Éditions Elzévir – Paris

 

« Devant la crèche, mes cousins avaient chanté un cantique à la gloire du Seigneur. C’était mon tour et d’une voix forte, les mains aux hanches, je commençai à chanter : « Elle a cassé la baleine de son corsage. Elle a cassé la baleine de son corset. » Ma grand-mère horrifiée s’écria : «Ah non ! Pas ça devant le petit Jésus ! » Mes parents ne désarmaient pas, ils voulaient que je fasse ma communion. Pendant un an, trois fois par semaine, il fallait suivre les cours de catéchisme avant d’aller à l’école. Plutôt que d’aller à la cure, une balle de caoutchouc sous le bras, j’allais jouer au football avec des petits copains. En avril, ma mère avait rendu visite au curé pour fixer les modalités de la cérémonie. Étonné, il lui avait répondu qu’il ne m’avait jamais vu ! Le soir, ma mère m’interrogea et je lui dis la vérité. Mes parents étaient atterrés, mais je ne fis pas ma communion.

 

À douze ans, je me détournai définitivement de la religion pour devenir plus tard le premier président de la morale laïque du Brabant wallon… »Albert Cortvrint, sur un ton alerte, raconte ses mémoires. Tendres bien souvent, mais sans occulter les difficultés du chemin de chacun, il dit les années d’enfance, puis les engagements familiaux et professionnels. Avec un plaisir manifeste, il retrace son parcours de vie où notes de musique et amitiés sincères surent adoucir quelques inéluctables adversités.

Présentation du livre

Né en 1937, Albert Cortvrint a toujours rêvé d’être pianiste. La guerre qui éclata trois ans après sa naissance lui forgea un autre destin, En 1946, après un concert donné par Omer Lambillotte, un professeur d’accordéon renommé dans la région de Wavre, son père décida contre sa volonté qu’il serait accordéoniste.

 

Pendant six années consécutives, il gagna seize concours successifs. Dès l’âge de 13 ans, il jouait régulièrement dans les bals populaires et à l’occasion de mariages et de communions. Pourtant, il pensait toujours avec nostalgie au piano et refusa de continuer l’accordéon à l’âge de 15 ans. C’est seulement à l’âge de 51 ans qu’il entamera des études privées de piano.

 

Au début des années soixante-dix, il a été le premier président de la morale laïque dans la province du Brabant wallon en Belgique. La Franc-maçonnerie et le Libre examen de l’Université Libre de Bruxelles sont à l’origine de ce mouvement qui était destiné à offrir une alternative à la pensée unique du catholicisme. C’est à cette époque que furent créés dans les écoles de l’État des cours de morale.

 

En 1988, Albert Cortvrint devient chevalier au théâtre royal de Toone : ce titre folklorique lui fut décerné en souvenir de ses ancêtres qui, après 1800, ont été des personnalités importantes de ce célèbre théâtre de marionnettes à Bruxelles. Au printemps 2007, après avoir été hospitalisé dans un état désespéré et sauvé miraculeusement, il décida d’écrire un livre autobiographique destiné à ses petits-enfants. Comme beaucoup de grands-parents actuels, il vit le drame de ne pouvoir les rencontrer et a souhaité leur offrir une mémoire… C’est ainsi que « Comme pois et carottes… » a vu le jour.

 

Biographie

Avis sur le livre par R.Dehesbaye

 

Chaque rentrée littéraire amène son lot de curiosités. Tel est le cas des mémoires d’Albert Cortvrint. À la fois plongeon dans la Belgique de papa et réflexion sur la vie, ce livre se dévore comme des retrouvailles au coin du feu. Albert Cortvrint est un parfait inconnu, un honnête citoyen né un beau jour de 1937 dans un Brabant qui n’était pas encore wallon. Lorsque, 70 ans plus tard, il fut récupéré de justesse par la médecine, il décida dans sa chambre d’hôpital d’écrire ses mémoires. Drôle, émouvante, son histoire raconte une enfance tiraillée entre famille et passion, une vie partagée entre l’amour de l’autre et le goût de la musique.

 

De rencontres en ruptures, le livre nous renvoie tous vers un proche, un passé qui n’est pas si lointain. La langue est belle, et même les épisodes tragiques sont portés par un humour à fleur de peau. Chevalier du théâtre de Toone – plus Belge que ça tu meurs, l’auteur a un art inné pour la narration. Il nous emmène dans sa vie comme dans une représentation de marionnettes. Tout va très vite, trop vite, tant on sent qu’il voulait absolument boucler ses mémoires à temps, tandis que Pitche nous distille sa dose de sagesse. Alors, citons le marionnettiste: si ce livre vous plaît, dites-le autour de vous… et sinon, que cela reste entre nous. ?

 

Avis sur le livre par La libre Belgique

 

Entamer Comme pois et carottes, c’est s’exposer à ne pas en sortir avant d’avoir terminé de le lire. Car ce livre, qui constitue les mémoires d’Albert Cortvrint, n’est autre qu’une passionnante suite de souvenirs, étalés de 1937 à aujourd’hui. Autant de moments vécus par l’intéressé, citoyen de Noduwez (Orp-Jauche), et que ce dernier a mis sur le papier avec un objectif bien précis.

 

« Mon but est de laisser une mémoire de la famille à mes petits-enfants, avec qui je n’ai plus le moindre contact », explique-t-il. « J’ai eu une vie particulière et diversifiée. Extraordinaire, on peut le dire. Pas une mais trois vies que j’ai voulu fixer, moi qui ai eu trois œdèmes pulmonaires. Il y a beaucoup d’intimité. Mais il faut être honnête avec le lecteur. » Les Mathilde, Marie, Guillaume… ont ainsi eu l’occasion de découvrir ce qu’ont été les 70 premières années de l’existence de leur grand-père. Son aversion pour la religion, ses facilités à l’accordéon, son titre de chevalier de Toone, Tristan et Yseut, son passage à la SNCI, ses problèmes de santé, ses parents, son oncle François, ses deux fils, ses amours… Sans oublier la place particulière réservée pour Anne, son épouse, sans qui « la symphonie de ma vie aurait été inachevée ». Sept décennies résumées en 137 pages. « Ce n’est pas énorme, c’est vrai », reconnaît-il.

 

« Mais je n’ai pas voulu faire du remplissage. Le style est très direct C’était une volonté de ma part » Et d’avouer que s’être mis à l’écriture lui a donné des idées : « J’ai envie de recommencer. Pas de nouvelles mémoires, même s’il y aurait encore à raconter. Mais des sortes de lettres que j’adresserais aux objets, aux arbres… pour discuter des choses de la vie. ».

 

Avis sur le livre par Marc Desmedt

 

Mon bon Albert,

 

Nom d’un scarabée à plume qu’il est beau ton livre ! J’ai pris beaucoup de plaisir à te lire, à t’écouter devrais-je dire. La beauté de ton récit nous met en observateur impuissant tout on long de ta vie d’Artiste. Eh oui Albert, tu es bien un Artiste dans tous les sens du terme.

 

Malgré les péripéties de la vie, ton talent immerge en tout temps. Serais-ce un don ? Je ne crois pas, c’est bien plus que cela. Homme intelligent tu aurais aimé que la vie soit plus simple, plus indulgente, plus tolérante et plus juste. Ton enfance faite de tribulations et parfois d’incompréhensions aura certainement contribuée à forger l’être que tu es. Non, ton père n’était pas fainéant, non, Dieu n’envoie pas les êtres à la guerre ou dans des camps de travaux pour les éprouver, c’est forcement un peu plus compliqué que cela mais inutile d’en parler ici.

 

Tu as une sacrée belle plume qui facilite la projection. Fluide, sans lassitude, sans surcharge et pourtant les descriptions sont nombreuses, elles nous emportent toujours un peu plus loin dans l’univers qui est le tien, qui est le vôtre devrais-je dire, car lorsque Anne entre dans ta vie le livre devient polychrome. Ce n’est plus de l’écriture mon bon Albert, mais bien de la sculpture haute en couleur dans ces moments là (sourire).

 

Au-delà de tout cela et de ton écriture, il y a une chose qui me fait encore plus apprécier l’homme que tu es, c’est qu’aucune page ne comporte une quelconque animosité. Il y a de la joie, des rires, de la tristesse certes, parfois une colère légitime, mais jamais de méchanceté. C’est l’histoire d’un homme, un vrai, qui raconte sa vie sans aucune animosité. Pourtant, le temps terriblement changeant ressemble étrangement à la Bretagne qu’il d’écrit si bien. Je te demande de m’excuser pour avoir mis autant de temps à lire ton livre, j’ai mille excuses, mais je suis finalement inexcusable.

Avis sur le livre

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